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05 December Pour conclure ce séjour de presque un an, un dernier hommage à mon quartier. Car contrairement aux différents hôtels de luxe où j'ai eu l'occasion de travailler ici, ce quartier, authentique, sent bon la Chine. En parlant d'odeur justement, il n'y sent pas très bon, mais l'on s'y fait. Et c'est bien la le seul reproche que l'on peut adresser à ce petit coin de Xiamen. Un quartier qui vit, qui fourmille de monde, et qui mérite que l'on s'y attarde. Sa Po Wei, tout près de la très célèbre université de Xiamen. Autre détail sympathique: j'habite Hen Da Da Sha, au 15ème étage, mais en fait, il s'agit du 13ème, car par superstition le 13ème et le 14ème (en chinois, on dit "4" comme l'on dit "mort") n'existe pas.
Les logements y sont "modestes" et j'avoue avoir craint le pire lors du passage des 3 typhons cet été. Ils n'y abritent souvent que le strict minimum, un lit, pas de frigo, aucun matériel particulier sinon le service à thé. En bas de chez moi, un restau "boui-boui" pas irréprochable sur l'hygiène, mais dont le patron et sa femme y sont extraordinairement sympathiques. Un peu comme une seconde famille pour moi, il m'arrivait d'y prolonger la soirée pour regarder la télé avec eux, puis parler,parler,parler,... En continuant sur Da Xue Lu, on longe des ateliers, on y travaille le bois, le fer, et l'on y vend même des cuvettes (je me suis toujours demande pourquoi ici??) Un peu plus loin sur la droite se trouve "mon" salon de coiffure, j'y suis en effet devenu un habitué. Attiré la première fois par les guitares dans la vitrine et le charme de la coiffeuse, nous sommes depuis devenu amis. Je leur apprend quelques notions de français, ils m'apprennent le chinois. Et nous parlons énormément, car malgré leur planning à rallonge (de 9h à 23h30), ils ne sont pas forcément très occupés, loin de la. Nous pouvons ensuite continuer notre chemin jusqu'à la jeune marchande de "milk and tea". En fait, on appelle plutôt ça des "NaiCha", du thé au lait...à moins que cela ne soit du lait au thé . Bref, en tout cas, c'est super bon, et ça cartonne en Chine, c'est trop la mode. On peut même y ajouter des mini-boules de tapioca dans le fond pour que cela soit encore plus bizarre. En continuant sur la gauche, on arrive sur une boutique de vêtements très style, un peu "roots". Essentiellement constitué d'une clientèle féminine, mais les gentilles vendeuses m'y ont aidé à recoudre délicatement mon sac de voyage qui apparemment n'avait pas supporté mon rythme de mini globe-trotter. Tout en continuant, nous arrivons sur mon second restau préferé. Cuisine du Zhejiang, (ma première ville chinoise fut Ningbo, dans le Zhejiang), je peux donc y retrouver mes plats préferés. Le patron est de Shaoxing. Une charmante petite ville célèbre pour un poète célèbre, et ses magnifiques canaux où l'on peut se balader en petite barque (un album y est consacré sur ce blog). Je crois que le patron me soupçonne encore d'être véritablement originaire de cette province de Chine, surtout que j'ai argumenté à coup de Zhejiang Hua , la langue régionale, langue que lui même ne parle pas. Puis, en prenant sur notre gauche, nous pouvons nous arrêter chez mon ami Ping Yang. Il vend des guitares. Je passe souvent chez lui, je lui apprends des airs occidentaux et lui m'apprend des chansons chinoises. Puis, surtout ne nous arrêterons pas chez le marchand d'hamburgers. J'y mangeait jusqu'au jour où j'ai aperçu un rat passé sous le gros frigo, je n'y ai plus jamais remis les pieds. En face, un vendeur de BBQ que j'ai affectueusement surnommé Frankestein en raison de sa coiffure effrayante. On peut y manger toutes sortes de mets, et des pates bleues auxquelles il y ajoute une sauce à la cacahouète, le tout est délicieux. Tout près, j'y achète tous les matins mon ptit dèj, une patisserie fourrée avec de la confiture à l'intérieur. J'ai vraiment l'impression d'être le seul à en acheter. Ils sont mêmes tellement heureux que je leur en achète qu'ils leur arrivent de me l'offrir pour me récompenser de ma fidélité. Puis, retour chez moi, quelques blagues au passage, avec le personnel de sécurité, qui sont eux aussi exceptionnellement sympatiques (à l'exception de celui que j'appelle sans cesse pour réparer mes problèmes de plomberie ou d'électronique, bizarrement ). Le soir dans ce quartier, prend place un marché nocturne, on peut évidemment y trouver des DVDs et toutes sortes de contrefaçons. il m'y arrive d'y croiser une vieille dame folle qui passe tout son temps et son énergie à hurler et disputer quelqu'un qui n'existe pas, sauf dans son esprit malade.
Voilà, tous ces gens méritaient bien un billet sur mon blog, car c'est aussi pour eux et leur accueil que j'aime Xiamen.
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