Michaël's profile'Chine-ChinePhotosBlog Tools Help

Blog


    09 October

    La tête dans les nuages, les yeux vers les étoiles: Shangri-La

       Shangri-la", un mot en vogue après la IIème Guerre Mondiale et qui a été utilisé dans nombreuses chansons, noms d'hotels et restaurants, évoque "un paradis loin du tumulte du monde". En réalité, "Shangri-la" est un mot tibétain qui signifie "Pays du sacré et de la paix".                    
       L'expression "Shangri-la" vient du roman de James Hilton, "L'Horizon Perdu", dans lequel trois pilotes américains, parcourant la route aérienne Sino-Indienne durant la Seconde Guerre Mondiale, se sont écrasés dans un pays "d'éternité, de tranquillité et de paix". Ils évoquent "ses monts enneigés, ses prairies, ses plateaux à terre rouge, les trois rivières qui la traversent, ainsi que le peuple tibétain avec son thé couleur de neige et ses lamaseries". Les pilotes, recueillis et soignés par des Tibétains, ont ensuite pu rejoindre leur pays.
     
       Selon les archives historiques, un avion américain s'est effectivement écrasé dans la région de Zhongdian en 1944. Une enquête soignée de ces archives a révélé que le magnifique "Shangri-la" décrit dans le roman de James Hilton était bien la région de Zhongdian.
     
       Aujourd'hui encore, le mystérieux et envoûtant Comté de Zhongdian est un paradis sauvage caché.
     
     
       C'est donc dans un mini-bus et accompagné de jeunes Naxi pour la plupart que je me rends vers les hauteurs du Shangri-La. Cette fois encore, les paysages pour rejoindre les sommets sont magnifiques. Une fois arrivé sur les hauteurs du village de ZhongDian (Shangri-La), je suis pris (et surpris) par le froid qui y règne.
     
       A peine arrivé, mes camarades bien sympathiques de l'auberge m'emmènent sur la place de la vieille ville pour se joindre aux danseurs qui exécutent là tous les soirs les danses traditionnels de la culture tibétaine. Amusant, les touristes se joignent aux villageoises pour les épier, copier et apprendre les pas. Bien que le développement touristique soit en cours, les visiteurs n'y sont pas aussi nombreux qu'à Lijiang et Dali, et Shangri-La goûte donc une relative tranquilité.
     
       Et c'est une incroyable atmosphère de sérénité qui se dégage de l'imposant monastère de la forêt Songzan (la lamaserie songzanlin). Elle fut construite sous la dynastie Ming (XVIIe s.), constituant l’une des treize plus grandes  lamaseries de la contrée du Kangzang. La « contrée du Kangzang », habitée par le peuple Zang (Tibétains), s'étendait sur la région que couvrent maintenant les provinces du Tibet, du Sichuan et du Yunnan. Dans sa période la plus prospère, plus de 3000 moines habitaient le monastère; maintenant, il n'en compte plus que 800. Ce monastère abrite un gigantesque Bouddha.
     
       Le soir de retour à l'hôtel, mes camarades chinois nous invitent moi et quelques amis à leur repas "Cantonnais" pour célèbrer leur départ le lendemain (voir photo).
     
       Je me rends ensuite le vendredi sur le site du NapaHai. Seulement, le lac en raison de l'absence de précipitations n'est pas là. C'est alors qu'un grand gaillard me propose de m'emmener sur sa moto pour aller voir la vraie NapaHai. C'est d'accord, nous partons ensemble. Le "motard" m'explique qu'il s'est déjà rendu en Inde et y a rencontré le Dalaï-Lama. Encore une fois, le trajet est digne d'intérêt. Nous sommes à plusieurs reprises immobilisé par des porcs et boeufs "suicidaires" qui se mettent en travers de notre route. La vraie "Napahai", un peu éloigné du site touristique vaut absolument le détour. C'est encore une fois un paysage paradisiaque qui se présente devant mes yeux.
     
       Alors que nous nous apprétions moi et le motard à rentrer, nous rencontrons un groupe de chinois, je leur demande s'ils vont voir le lac BitaHai, ils me répondent "oui, pourquoi pas, viens on t'emmène!". Je n'en demandais pas tant. Sans doute curieux de voyager avec un étranger, ils me mitraillent de questions. Je passe donc le reste de l'après-midi avec eux sur les routes de ZhongDian. Nous arrivons toutefois trop tard pour nous rendre jusqu'au lac. Je m'y rends dès le lendemain. Je dois pour cela louer un mini-vanne et son chauffeur. Pour mon dernier jour à Shangri-La, le ciel est magnifique et je ne me lasse pas de ces paysages merveilleux. Nous prenons en stop des filles issues des minorités, et portant donc les costumes traditionnels. Ces costumes des minorités y sont sans doute aussi pour quelque chose dans le charme de la région. Ceux-ci donnent des couleurs au quotidien. Pas une rue n'échappe à ces magnifiques tenues. Et les yeux sont tout autant fascinés par les couleurs du peuple local et de leurs traditionnels tenues, que par les couleurs des bâtiments au style tibétain, ou bien encore par les couleurs des montagnes, des forêts, des lacs,... Nous prenons aussi en stop un homme qui semble être un berger à en croire son chapeau en fourrure. Lorsque je lui parle, il me répond par des pouces levés et par un grand sourire accueillant laissant apparaître son unique dent. Le chauffeur me confiera plus tard que cet homme ne parle pas chinois mais uniquement le dialecte local.
     
       C'est donc après cette dernière visite au lac BitaHai rappelant des paysages alpins que se termine mon séjour dans le Yunnan. C'est donc pour moi l'occasion d'utiliser ce dialecte local pour un au-revoir:
    "-Dié!"
    08 October

    Lijiang et le peuple Naxi

       Mardi après-midi, en route vers Lijiang. Tandis que le bus monte vers les sommets, je peux admirer des paysages de montagnes absolument fabuleux.
     
       A Lijiang, malgré l'invasion touristique, la ville reste tout de même très agréable. Extrait (National Geographic):
    La vieille ville de Lijiang est un labyrinthe merveilleux de ruelles pavées parcourues de canaux, qui permettent de découvrir les maisons traditionnelles Naxi.
    Les naxi sont en effet un peuple minoritaire en Chine, toutefois la ville de Lijiang est quasiment peuplé à 80% de Naxi. Les Naxi se reconnaissent facilement dans la rue à leurs habits bleus.
     
       Après m'être promené dans la vieille ville durant l'après-midi, je me rends le soir au spectacle présenté par l'orchestre de musique Naxi. La plupart des mélodies ont été sauvées de l'oubli par les membres les plus agées du groupe (jusqu'à 80 ans!).

    Dali: Un jour sans fin (2octobre)


    Après  plus de 40 heures de train, une étape à Shi-Lin pour y contempler la forêt de pierres (un ensemble montagneux prenant des formes exceptionneles et poétiques), puis à Kunming, j'arrive enfin à Dali. Dali est un petit village de Yunnan ("le pays au sud des nuages") très prisé par les touristes chinois. Le Yunnan étant considéré comme l'une des régions (si ce n'est LA) plus belle de Chine. La région s'étend au nord jusqu'au plateau Tibétain et au sud jusqu'au frontière du Laos et de la Thaïlande, dès lors le climat est lui aussi très varié dans la région. Elle est peuplée par de nombreuses éthnies ("les minorités").

    Dès mon arrivée, coup de bol, je trouve un lit dans le premier hôtel que recherchais. Je décide donc d'explorer la ville et sa région à vélo. Après une courte balade dans le centre ville envahi par les touristes prenant d'assaut les boutiques, je m'éloigne et rencontre une femme locale qui me propose de rejoindre la montagne en téléphérique. Après la négotiation de rigueur en Chine, j'accepte. En montant jusqu'au sommet, j'aperçois de curieuses tombes chinoises creusés ici sur le flanc de la montagne. En haut, je visite un temple. Le temple étant désert, et après avoir plaisanté un peu avec les moines, ceux-ci m'apprennent à prier comme un bouddhiste. Le plus rigolo d'entre-eux ira même jusqu'à frapper la cloche lors de mon rituel. Sympa. Je continue ensuite dans la montagne pour rejoindre et admirer une casacade. D'ici, la vue sur la ville et le lac Er'Ai est magnifique. Au retour je troque mon billet de téléphérique contre un grand poney (ou petit cheval). Grosse erreur. Le terrain est accidenté. Je suis à de nombreuses reprises à deux doigts de me vraquer par terre. Un peu inquiet je demande: -"hey patron (oui je m'amuse un peu avec le guide), tu es sûr qu'il n'y a pas de dangers?" -"non, non, pas de danger". en effet, Xiao Wei (mon cheval) est un expert, il connaît le terrain, maîtrise les rochers, glisse mais se récupère. Sa seule erreur: sortir du sentier pour pallier des besoins primaires. On ne lui en tiendra pas rigueur. Je prends finalement tellement de plaisir que Xiao Wei ira même jusqu'à m'emmener aux 3 stupas (voir photos).

    Il est temps de reprendre le vélo, je veux rejoindre le lac. Pour prendre un raccourci, je coupe à travers les champs. Les paysans occupés à travailler ont l'air tout de même supris de me trouver là. Il m'indique la direction du lac. Me voilà donc arrivé au lac, seul souci: un cul-de-sac. En face de moi: le lac, derrière-moi: les champs. J'emprunte donc les petites ruelles du village, et me perd inévitablement. Heureusement, je rencontre au bord du lac une femme qui me propose de me raccompagner en barque jusqu'à une voie d'accès plus propice pour repartir. Son mari, un peti bonhomme, mais assez balèze pour conduire la barque à lui tout seul sur la lac, me raccompagne jusqu'à la place centrale du village. S'y déroule le marché quotidien pour la petite communauté des villageois. Ceux-ci ont l'air méfiant de me trouver là.

    Je réenfourche mon vélo pour retourner à Dali. Après une pause Jiaozi (petite délice de la gastronomie chinoise), je sympathise avec une vieille femme issue des minorités, elle vend des sucreries qui ressemblent à nos crèpes bretonnes mais enroulés autour de baguettes. Plutôt insolite, une autre veille va même à ma rencontre dans une rue pour me proposer de la drogue (!!).